Un soir, ce soir.
L’eau était juste assez chaude, juste assez pour laisser de la vapeur s’échapper. Les chandelles, elles, étaient juste bien situées et laissaient leur ombre se refléter dans le miroir judicieusement placé. Le bain, juste assez grand pour bien vouloir accueillir ma grandeur. Mes idées se réjouissaient de ce moment. Un 30 minutes parfait pour s’évader en paix, pour laisser libre cours à l’instant présent et pour se rappeler les derniers jours. Je ne m’offre pas assez souvent ce délicieux moment.
Ce soir, je repensais à lundi dernier. À cette soirée qui m’a permis de découvrir quelqu’un et qui lui a donné le goût d’en savoir davantage à mon sujet. Et aussi à ce matin où j’ai lu une nouvelle invitation de sa part.
Ce soir, je repensais à ma soirée de jeudi soir au bar universitaire de Sherbrooke. Une soirée de débauche comme parfois ça en prend pour vraiment décrocher de la routine et pour se sentir encore plus désirable. Un matin difficile, mais oh combien soulageant d’arriver chez soi pour troquer ces jeans pour ses couvertures.
Ce soir, je repensais à aujourd’hui. Chaque visage croisé aujourd’hui était gravé en mémoire. Ce soir, j’ai décomposé chacun de ses visages pour essayer d’y retrouver le sien. Ce soir, je m’en voulais d’avoir été dans sa ville 8h de temps sans avoir pu le voir au moins une fois, ne serait-ce que pour lui arracher un sourire.
Ce soir, j’ai la tête qui boucane. J’ai le cœur qui se cherche un endroit où se loger. J’ai le corps qui désire de l’attention. Ce soir, j’ai le goût de partager mon monde.


